Histoire de la commune du Fresne sur Loire
Ingrandes et le Fresne sur Loire se situent sur un éperon rocheux que les scientifiques ont appelé « Poudingue d'Ingrandes ». Résultat de galets roulés par des torrents sur la vase d'un lac il y a un demi-milliard d'années et qui a imposé à cet endroit un coude à la Loire. Puis il y a vingt millions d'années la mer a envahi notre région, seules quelques hauteurs étaient des îles battues par les flots.
Les hommes de la préhistoire ont très tôt apprécié les solides rives du nord du fleuve. Néanmoins, en période de crue, ils étaient obligés de se réfugier sur les hauteurs (en 1947 il a été mis au jour à Ancenis une embarcation taillée dans un tronc d'arbre datant de cette période). Il y a environ cinq mille ans ont été édifiés des dolmens et des menhirs dont la roche provenait d'Ingrandes. L'Agriculture comme partout y fit ses débuts comme en témoignent des objets trouvés.
Une élégante épée de bronze, draguée dans la Loire en 1975 au niveau du Fresne témoigne d'une époque commerciale où l'ambre et l'étain venus des mers du nord transitaient par notre région.
Vers six cents AV JC commencèrent à arriver les premiers celtes et différentes tribus s'installèrent dans la région ; puis vers soixante-dix Av JC arrivèrent les romains.
Dans ses mémoires, Jules César signale qu'il a construit sa flotte de combat aux Ponts-de Cé ,qu'il l'a fit descendre le long de la Loire pour lutter contre les Vénètes (capitale Vannes mais également Venise ) qui possédait eux aussi une flotte redoutable . Des pièces d'argent à l'effigie d'Auguste y furent retrouvées en 1813.
Nos ancêtres, les gallo-romains ont utilisé des mégalithes de la région vieux de trois mille ans pour y placer des statuettes représentant leurs divinités. Les derniers païens leur rendront un culte bien longtemps après l'évangélisation survenue au V eme siécle par St Herblon et St Maurille.
Au XI éme siécle, les vikings ou Normands pillèrent et massacrèrent les habitants de la région ; ils occupèrent et fortifièrent l'Ile « Batailleuse ». Charles le Chauve, roi de France, fit bien construire des forts pour leur résister mais ses garnisons s'enfuirent. Afin que ces envahisseurs repartent, on essaiera de soudoyer leurs chefs dont un certain Sidroc qui prendra l'or et…..restera. Certains finiront par partir, d'autres resteront tel un certain Raynauld qui en 924 devint seigneur de Montjean.
En 851 Erispoé , fils du roi breton Nominoë , après bien des combats signe le traité d'Angers avec Charles le Chauve et définirent la limite de leurs états, « la pierre de Bretagne « qui semble avoir existée avant cette époque servit de borne remarquable. Cette limite restera même après le rattachement de la Bretagne à la France. Jusqu'en 1792, la limite des départements maintiendront le souvenir de cette frontière.
Au XI éme siécle les ducs de Bretagne élevèrent une forteresse à Montrelais sans doute au lieu-dit la « Bastille » et la justice était rendue non-loin de là à « l'Audience ».
En 1187 Richard Coeur de Lion assiége le château de Montrelais.
Les Anglais durant cette période firent de nombreuses incursions dans notre région
En 1290 est octroyé au dit sire de Craon le péage de la Loire que Dugueslin percevra jusqu'en 1370
Du Moyen-Age à la Révolution
A partir des XI et XII eme siécles de nombreuses constructions telles que ponts, châteaux et postes de péage (notamment celui d'Ingrandes) témoignent d'une intense activité dont le commerce du sel de Guérande .Avant le rattachement de la Bretagne à la France en 1542 et même après, puisque ce duché conservera ses parlements pour un temps encore, les taxes n'étant pas les même des deux cotés de la « frontière »,cela favorisera la contrebande du sel. Des luttes eurent lieu, parfois sanglantes entre contrebandiers ou faux-sauniers et douaniers ou gabelous (du nom de gabelle), ces fonctionnaires d'état n'étant pas, bien sur, très appréciés dans la région.
En 1409, le château d'Ingrandes (place du champs de foire) qui était destiné à protéger le commerce des agissements des Anglais fini par être brûlé par ces derniers. Reconstruit-il fut de nouveau détruit pendant les guerres Franco-Bretonne en 1468 par le sire de Beuil au service du roi Louis XI.
Pendant les guerres de religions, le duc de Mercoeur ravagea le pays en 1595.
Ingrandes devint une cité à la fois commerciale et administrative importante, des lettres royales y autorise des foires. Ce n'est qu'à partir du XVI éme siécle (bien qu'elle existait probablement avant ) qu'apparaît la « rue du Fresne « dans le prolongement d'Ingrandes.
Cette rue était bordée par de belles maisons de mariniers et place des Allains , d'un hôtel de la marine dont la charpente était en bois de récupération de gabares ou autres bateaux ainsi que de nombreuses maisons alentour . Ce quartier de Montrelais où poussaient sans doute des Fresnes fut rattaché à Ingrandes puis séparée durant la révolution.
C'est vers 1785 que commencèrent dans notre région de grands travaux de construction de levées qui permettaient à la fois , de mettre en culture des terrains marécageux et de rendre la Loire plus navigable . Cette dernière , privée de ces bassins de rétention occupa , depuis et à plusieurs reprises les rues du Fresne , en particulier lors des crues de 1856 ( ce qui nous valu la visite de Napoléon III ) et de 1910 . Depuis des travaux permirent d'atténuer ces phénomènes dont le rehaussement des rues et des maisons du Fresne ainsi que des murs de protection contre les eaux dont les pierres provenaient du creusement de la tranchée du chemin de fer , ce qui donne aujourd'hui encore cet aspect particulier de village sur remparts.
En 1789 la majorité de la population urbaine d'Ingrandes et de la rue du Fresne est très largement favorable aux idées nouvelles et les premières réformes sont bien perçues et approuvées. Mais, rapidement la population des campagnes s'aperçoit qu'elle a simplement changé de maître et la déception s'installe. Les guerres extérieures engendrées par la coalition obligent le rationnement et par là , la réquisition qui suivit fut particulièrement sévère . Le choix que l'on impose au clergé (entre la nation ou l'église ) , la captivité du roi sont mal acceptés et enfin la décision de l'enrôlement obligatoire dans l'armée des recrues des classes paysannes ( les fonctionnaires en étaient exemptés ) mit le feu aux poudres . Des révoltes spontanées eurent lieu comme un peu partout en France mais particulièrement dans notre région , au Mesnil notamment.
Elles furent si brutalement réprimées qu'elles prirent de l'ampleur et se transformèrent rapidement en ' guerres de Vendée'. Ingrandes et la rue du Fresne verront plusieurs fois passer l'armée vendéenne. D'abord victorieuse , puis définitivement vaincue après la 'virée de galerne' (attente hypothétique d'une armée anglaise à Granville). Une répression vengeresse suivit , ordonnée par le gouvernement de la convention . Massacres , viols et pillages de la population locale furent si violents qu'ils demeurent encore aujourd'hui présents dans les mémoires . Les prisons furent remplies de prisonniers vendéens et de
prêtres réfractaires et la guillotine fonctionna à Angers . La répression fut si dure qu'à Nantes , la guillotine ne suffisant plus , on noya les prisonniers dans la Loire , ce qui vaudra au conventionnel Carrier d'être jugé comme criminel par le gouvernement de la république elle-même.
Durant cette période différents découpages furent proposés concernant la séparation entre « la rue du Fresne » et Ingrandes dont la limite départementale découlait. Il a même été question de rattacher Ingrandes au pays d'Ancenis .Le 13 août 1793, les représentants du peuple Turreau et Cavaignac décrètent la réunion de la rue du Fresne » à Ingrandes, la limite se situant au niveau de la « Bastille » ; Ceci durera jusqu'en 1797.
Le XIX ème siècle
La chouannerie bretonne prendra le relais de l'armée vendéenne et continuera la lutte sous forme de « coups de main » et l'insécurité régnera dans la région jusqu'au milieu du XIX eme siècle. Les garnisons républicaines d'Ingrandes et de Varades ainsi que les habitants subiront de nombreuses attaques durant cette période.
Le nom de la rue des Douves (peut-être des douves dont on faisait les tonneaux de vin ) rappellerait d'anciennes palissades qui empêchaient l'accès aux venelles. En 1815 les Prussiens occupèrent brièvement la Riottière et la commune dut fournir du fourrage. Après la révolution , les registres d'état civil , jusqu' alors tenus par le clergé furent repris par l'état . Dynamique la « rue du Fresne » obtint de gérer son état civil , Montrelais restant la paroisse.
Les habitants du Fresne allaient à la messe le dimanche de préférence à Ingrandes, plus proche, les recteurs de la paroisse de Montrelais se contentant de venir un jour de semaine. Les mariages et les enterrements se faisaient à Montrelais, ce qui n'était pas pratique surtout l'hiver.
C'est ainsi que le besoin se fit sentir de construire une nouvelle église pour « la rue du Fresne ».
Mais puisque cette construction semblait amener tôt ou tard une séparation de Montrelais , il y eut une farouche opposition au sein du conseil municipal, excepté le maire et un conseiller. Il fallut une ordonnance du roi Louis-Philippe demandée par l'évêque de Nantes pour reconnaître l'existence de cette nouvelle paroisse avec pour limites depuis 1872 à peu prés celles du sectionnement communal actuel.Néanmoins une forte opposition s'organisa au sein du conseil municipal de Montrelais il fallut beaucoup d'opiniâtreté de la part de M.Pergeline (qui habitait la « rue du Fresne ), appuyé par l'évêque de Nantes pour que le projet de construction d'une église aboutisse enfin en1842.
Ce furent l'architecte d'Angers M. Deleitre, le maçon louis Coiffard et le charpentier de marine Jacques Albert qui furent agrées pour son édification .L'architecture est de style néo-gothique, à l'intérieur est un ex-voto représenté par un vaisseau 2 ponts du temps de l'empire.
C'est en 1843 que la paroisse créa son cimetière à l'emplacement actuel. Vers 1848 commencèrent les travaux de la tranchée du chemin de fer pour la Cie privée du « Paris-Orléans », en 1867 la construction du pont suspendu d'Ingrandes qui représentait à l'époque un énorme progrès fut en partie subventionné par la « rue du Fresne » et Montrelais.
Les principales activités des habitants de la « rue du Fresne » au cours de ce siècle étaient liées au commerce fluvial ; des mariniers pittoresques transportaient le sel, les vins, les ardoises, la chaux et le charbon, ce dernier venant des mines de Montrelais (jusqu'à 800 travailleurs ). Ces activités utilisaient beaucoup de main-d'œuvre et ce fut une époque de forte prospérité . On pouvait voir des péniches ou gabares à couple le long des quais, aussi mais rarement par des bricks : petits bateaux de haute-mer ,ils naviguaient le plus souvent à la voile aidés parfois par un « vapeur ». Le chemin de fer allait pour une part participer au déclin de cette activité. La « rue du Fresne » comptait également de nombreux artisans et commerçants ainsi que de nombreux débits de boissons.
Le XX ème siècle
C'est en 1885 que furent construits, la mairie et le groupe scolaire actuels. La « rue du Fresne » restait rattachée à la commune-mère Montrelais et y était représentée aux conseils municipaux par des adjoints spéciaux. Il devenait logique vue sa nouvelle importance qu'elle acquière son indépendance. Plusieurs personnes travaillèrent à ce projet dont M. Tonnelier , et c'est par un décret du 13 décembre 1903 qu'elle devint commune à part entière. Le premier conseil eut lieu le 28 janvier, le premier maire fut M. Nivelleau de la Brunière et M. Tonnelier son adjoint. Venu s'installer au Fresne en 1903 et élu adjoint au maire, Louis Gay fit partie de la mission exploratrice Chaffandon en Asie Centrale , à son retour il exerça son métier d'architecte paysager, au Fresne il devint viticulteur. Il est également connu comme musicien virtuose, il donna des concerts et des représentations avec Gabrielle Bossis, auteur et compositeur.
Projet de Loi du 21 octobre 1903
Le Fresne par temps de guerre :
Durant la guerre de 14/18 une grande partie de la population masculine fut mobilisée dont M. le maire, le docteur Malécot ainsi que son adjoint JB. Dougé et une grande solidarité se développa. C'est ainsi que les femmes prirent le relais pour les travaux, pour leur travail la « société d'agriculture de Loire Inférieure » a récompensé deux de nos concitoyennes : Mesdames Besnier et Perroteau.
Après la guerre notre commune s'appelait toujours « la rue du Fresne », elle ne pris son nom définitif qu'en 1924 par décret du président Fallières.
Vint la guerre de 39/45. A partir des premiers revers, la municipalité dut prendre en charge l'accueil des réfugiés du nord et de l'est de la France.Les troupes allemandes arrivèrent en juin 1940. Ces troupes s'installèrent d'abord dans la maison « mon repos » puis dans les châteaux de la Fresnaye et du Ménardeau. En juillet 1944, une unité allemande voyageant par train fut sévèrement bombardée par l'aviation alliée dans la tranchée du chemin de fer. A la suite de ce bombardement de nombreuses maisons, notre mairie et l'école furent endommagées. Un convoi allemand fut également bombardé à la Riottière et là encore des maisons furent endommagées. Le pont d'Ingrandes fut détruit et reconstruit plusieurs fois durant cette période et c'est au cours d'un bombardements allié du 23 juillet 1944 que l'église d'Ingrandes ainsi que de nombreuses maisons d'Ingrandes furent détruites.
Après la guerre, de nombreux travaux sont entrepris qui vont transformer notre commune :
En 1955 dans le bourg sont terminés les réseaux d'eau potable et d'assainissement en partenariat avec la municipalité d'Ingrandes, l'extension de ces deux réseaux sera réalisée par tranche.
En 1970 la commune adhère au « Syndicat Intercommunal des eaux potables d'Ancenis et en 1982 est construite la station d'épuration.
En 1973 suite à un refus du conseil municipal du Fresne d'une fusion Ingrandes/ Le Fresne proposée par le préfet de Maine et Loire, est crée le syndicat intercommunal (SIVOM) entre les 2 communes qui regroupe le service incendie, les sports, les divers réseaux et dans un premier temps, les ordures ménagères. D'autres adhésions à différents syndicats suivront.
Sur les plans du « comité ouvriers de Nantes » la cité des Douves avec 17 logements est crée et inaugurée le 17 Janvier 1965.
En 1979 sont construits la cité de la Corderie et le terrain de camping.En 1976 est inaugurée la salle omnisports. La zone artisanale est réalisée en 1980. Le terrain de la Bastille devient le square d'Orscholz, ville d'Allemagne, jumelée au Fresne en mai 1985.
Les réseaux électriques du centre ville sont enterrés en 1995 et est signée la convention d'une « zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager ( ZPPAUP).
En 1996 création d'un sentier balisé dans le cadre du plan départemental des sentiers de randonnées pédestres.
En 1998 présentation du projet du fond départemental d'Aménagement Urbain et rural (FDAUR). La commune donne un avis favorable au rétablissement de la boire torse qui s'est trouvée asséchée suite à la construction du remblai du chemin de fer. (avec quelques recommandations).
En 2000, avec Varades, adhésion du Fresne au jumelage avec Bezid-San Georgui de Padure en Roumanie.
A la suite d'une pétition, le conseil municipal émet un avis défavorable quant à l'édification d'un épis à radier sur la commune qui sera néanmoins réalisé par la VNF (voies navigables de France).
De 2000 à 2007 la cité de la Jaunerie fut terminée.
Furent entrepris et terminés la cité du Bois-Vert, l'entrée du bourg par la D22, l'enfouissement des réseaux autour de la mairie et l'aménagement du square d'Orscholtz.
Le Blason
Le Fresne sur Loire vient du mot "frêne", arbre de la vallée de la Loire.Les ondulations figurent la Loire tandis que les hermines marquent son appartenance à la Bretagne historique.
Au Fresne sur Loire Passe une rue (La rue de la pierre de Bretagne) l'ancienne frontière entre les peuples celtes des Namnétes et des Andégaves puis entre les duchés de Bretagne et d'Anjou (puis royaume de France) jusqu'en 1789.
L'histoire du Fresne sur Loire, autrefois appelée La Rue-du-Fresne, se confond avec l'histoire de Montrelais dont elle est issue et est jusqu'au milieu du XIXème siècle un simple hameau.
Devenue commune par décret en 1903, son centre était essentiellement tourné avant l'arrivée des chemins de fer vers les activités fluviales. Il reste aujourd'hui des traces de ce passé